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Une nouvelle approche pour l’étude de l’habitat mésolithique dans le nord de la Péninsule Ibérique: Recherches dans le site au plein air d’El Alloru (Asturies, Espagne)

Research output: Contribution to journalArticle

Author(s)

  • Pablo Arias
  • Miriam Cubas Morera
  • Miguel A. Fano
  • Esteban Álvarez-Fernández
  • A. Araújo
  • Marian Cueto
  • Carlos Duarte
  • Patricia Fernández-Sánchez
  • Eneko Iriarte
  • Jesús Jordá-Pardo
  • Inés L. López-Dóriga
  • Sara Núñez
  • Christoph Salzmann
  • Jesús Tapia
  • Felix Teichner
  • Luis C. Teira
  • Paloma Uzquiano
  • Jorge Vallejo

Department/unit(s)

Publication details

JournalBUlletin de la Société Préhistorique Francaise
DatePublished - 2015
Pages (from-to)159-190
Original languageFrench

Abstract

L’Asturien est un des complexes culturels classiques du Mésolithique côtier européen. Depuis sa découverte par le comte de
la Vega del Sella en 1914, cent-trente sites environ ont été catalogués rien que dans l’est des Asturies et des dizaines d’entre eux ont été
explorés. Cependant, les informations archéologiques sur ce complexe sont très biaisées. La plupart des sites sont des amas coquilliers
dont seuls de petits témoins des couches originales, souvent cimentés, sont préservés. Un aspect particulièrement mal connu est celui
de la caractérisation des lieux d’habitat. Malgré la grande densité de sites (une des plus élevées du Mésolithique européen), peu de cas
de sols ou structures d'habitation ont été décrits. C’est pour cela que dans le cadre de « COASTTRAN », un projet de recherche orienté
sur l’étude du Mésolithique et la transition au Néolithique dans les aires côtières de l’Europe atlantique, une recherche spécifique sur ce
problème a été planifiée. Nous sommes partis de l’hypothèse que la plupart des lieux d’habitat asturiens auraient été des lieux de plein
air proches des grottes avec des amas coquilliers, ces derniers étant des zones d’accumulation de résidus. Pour vérifier cette hypothèse,
certaines aires où les conditions de préservation des sédiments holocènes semblaient appropriées à une prospection géophysique ont
été sélectionnées. Nous présentons ici les résultats obtenus dans un site de plein air près de l’amas coquillier de la grotte d’El Alloru
(Llanes, Asturies). Le site a fait l’objet d’une prospection géophysique et d’une fouille en 2013. Dans cet article, nous allons décrire
sommairement la stratigraphie, suivie d’une discussion des datations absolues pour ensuite présenter les résultats préliminaires des
études de l’industrie lithique, la micromorphologie, l’archéozoologie (mammifères et invertébrés marins) et l’archéobotanique (palynologie,
anthracologie et carpologie).
El Alloru présente une longue séquence de témoignages d’activités humaines en plein air qui débutent à un moment encore indéterminé
du Paléolithique supérieur. Elles se poursuivent au Mésolithique jusque dans la Protohistoire (transition du Bronze final à l’âge du Fer
ancien). La phase la plus remarquable est celle du Mésolithique final, datée entre 7000 et 5500 cal. BC avec une plus grande densité de
preuves d’occupation, attribuables au complexe culturel asturien. Dans cette phase, nos recherches ont permis de constater l’existence
d’une aire d’activités localisée dans une zone à l’extérieur à proximité d’une grotte renfermant un amas coquillier. La relative variété
des restes archéologiques répertoriés, les structures identifiées ainsi que les indices de piétinement observés sur la base du niveau
principal d’occupation semblent en témoigner. Il est encore tôt pour déterminer si nous nous trouvons face à un campement ou face
à une zone dédiée à une quelconque activité spécifique, mais dans tous les cas une hypothèse à nuancer paraît se confirmer : celle de
l’existence d’implantations asturiennes dans les environs des grottes présentant des amas coquilliers.
L’existence de différences entre le contenu archéologique du gisement de plein air et celui du dépôt de l’amas coquillier est aussi à
remarquer, en particulier la densité de matériel lithique, ce qui semble confirmer que les amas en grotte étaient essentiellement des
zones d’accumulation de résidus associées à d’autres installations proches.
L’industrie mésolithique d’El Alloru a été réalisée principalement en quartzite. L’ensemble se détache par sa haute densité de pics
asturiens, une des plus élevées connues. Les ensembles archéobotanique et archéozoologique suggèrent que les groupes qui occupaient
El Alloru durant le Mésolithique exploitaient une large série de biotopes de la zone orientale des Asturies. L’étude anthracologique
converge dans cette direction en indiquant que l’approvisionnement de bois se pratiquait dans les forêts de chênes caducifoliés qui
devraient alors couvrir les zones à substrat plus acide, mais aussi les bois de chêne vert poussant sur les massifs calcaires. La faune de mammifères présente les traits typiques de l’Asturien, et en général du Mésolithique cantabrique, avec une nette domination du cerf,
complétée par des espèces comme le chevreuil et le sanglier. Il doit également être signalé l’existence d’une exploitation des noisettes,
une caractéristique très répandue au Mésolithique cantabrique. Les ressources marines étaient elles aussi exploitées, compte tenu de
l’abondance de restes de poissons et de mollusques répertoriés. Concernant les mollusques, hormis les espèces caractéristiques de l’Asturien,
il faudrait souligner l’abondance de la monodonte (Phorcus lineatus) dont les pourcentages sont ici plus élevés que d’habitude.

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